SENEGAL NAATANGUE — Migration, Teranga et Droits humains

SENEGAL NAATANGUE — Migration, Teranga et Droits humains
« Accueillir avec dignité, organiser avec responsabilité, protéger sans discrimination. »

La Teranga ne doit pas seulement être une réputation internationale. Elle peut devenir un modèle sénégalais de gestion humaine et responsable des migrations.

Une personne étrangère qui choisit de vivre, travailler, étudier, entreprendre ou chercher protection au Sénégal doit pouvoir être accueillie avec dignité, connaître ses droits et ses obligations et respecter les lois du pays. En parallèle, l’État doit savoir qui entre sur son territoire, dans quelles conditions, pour quelle durée et garantir la sécurité de tous.

une réorganisation autour de 7 grands axes.

1. Créer un guichet national unique de la migration. Il regrouperait ou coordonnerait les démarches relatives au séjour, au travail, aux études, à l’asile, au regroupement familial et à l’intégration. L’objectif serait de réduire les procédures dispersées et de rendre le système beaucoup plus lisible. Cette coordination répondrait aussi à un problème historiquement identifié par l’OIM : la fragmentation institutionnelle de la gouvernance migratoire.

2. Moderniser la connaissance des flux migratoires
. Le Sénégal devrait disposer d’un système statistique moderne permettant de mieux comprendre les entrées, sorties, profils professionnels, besoins de protection et mouvements territoriaux, avec des garanties fortes de protection des données. L’objectif n’est pas de surveiller arbitrairement les étrangers, mais de permettre à l’État de planifier correctement logement, emploi, santé, éducation et services publics. L’amélioration des données migratoires fait déjà partie des recommandations et travaux soutenus par l’OIM.

3. Créer un véritable parcours d’intégration.
Une personne qui s’installe durablement au Sénégal pourrait recevoir une information accessible sur les lois sénégalaises, les démarches administratives, le travail, la fiscalité, la santé, l’éducation, les coutumes locales et les mécanismes permettant de signaler une discrimination ou une exploitation. Pour les résidents de longue durée remplissant les conditions légales, les procédures de résidence et, lorsque la loi le permet, de naturalisation devraient être claires et prévisibles. Le HCR travaille d’ailleurs déjà au Sénégal sur des solutions d’intégration locale pour certains réfugiés de longue durée.

4. Organiser davantage la migration économique. Il faudrait mieux identifier les compétences apportées par les travailleurs étrangers, faciliter la régularité de leur activité et lutter contre le travail clandestin, l'exploitation et la concurrence déloyale. Un travailleur migrant déclaré, correctement rémunéré et protégé contribue à l'économie formelle et peut participer au développement du pays.

5. Faire de la protection des droits humains une obligation institutionnelle.
Sénégalais ou étranger, toute personne doit être protégée contre les violences, la traite des êtres humains, l'exploitation, le travail forcé, les discriminations et les détentions arbitraires. Le statut migratoire ne doit pas supprimer les droits fondamentaux d'une personne. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme rappelle précisément que les migrants, quel que soit leur statut de résidence, bénéficient de la protection du droit international des droits humains.

6. Renforcer particulièrement la protection des personnes vulnérables. Les enfants migrants non accompagnés, victimes de traite, femmes exposées aux violences, réfugiés, demandeurs d'asile, apatrides et personnes en situation de grande vulnérabilité devraient disposer de mécanismes spécialisés d'orientation vers les services compétents. Une personne étrangère craignant notamment des persécutions peut déjà demander l'asile au Sénégal auprès des autorités compétentes.

7. Associer immigration, sécurité et cohésion sociale sans les confondre.
Une politique migratoire responsable doit permettre le contrôle légal des frontières et la lutte contre les réseaux criminels, la traite et les faux documents, tout en évitant de considérer automatiquement l'étranger comme une menace. Les forces intervenant aux frontières devraient continuer à être formées aux droits humains, à l'identification des personnes vulnérables et aux procédures de protection.

Un principe de réciprocité humaine

SENEGAL NAATANGUE défend également :

« Protégeons au Sénégal les droits que nous souhaitons voir respecter pour les Sénégalais vivant à l'étranger. »

Des millions de parcours migratoires relient le Sénégal au reste du monde. Il serait donc cohérent de défendre simultanément la dignité des étrangers au Sénégal et celle des Sénégalais à l'étranger.

Cela ne signifie pas l'absence de règles. Au contraire :

Teranga + organisation + légalité + sécurité + droits humains.


L'étranger qui vit au Sénégal doit respecter les lois, les institutions et les populations du pays. Et le Sénégal, conformément à ses lois et engagements, doit protéger sa dignité et ses droits fondamentaux.

C'est ainsi que je formulerais le principe de SENEGAL NAATANGUE :

« Notre Teranga nous invite à accueillir. Notre responsabilité nous impose d'organiser. Nos valeurs nous commandent de protéger. »


SÉNÉGAL, TERRE DE TERANGA

Un pays ouvert sur le monde, protecteur de la dignité humaine, organisé dans sa migration et uni dans le respect de chacun.

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